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International
Syrie: Damas dénonce les sanctions arabes, l'UE va en imposer de nouvelles
28/11/2011 19:28:33
AFP - Le régime du président Bachar al-Assad a accusé lundi la Ligue arabe d'avoir fermé toutes les portes en adoptant des sanctions économiques contre lui, au moment où l'Union européenne (UE) s'apprêtait à durcir ses mesures contre Damas pour tenter de faire cesser la répression."En prenant des sanctions, la Ligue a fermé toutes les portes avec la Syrie et comme vous le savez, certains membres de la Ligue poussent à l'internationalisation" du conflit, a déclaré le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, lors d'une conférence de presse à Damas.Parallèlement, face à la poursuite de la répression meurtrière des manifestations qui secouent le pays depuis plus de huit mois, l'UE a décidé d'imposer de nouvelles mesures pour couper les sources de financement du régime dans les secteurs des finances et du pétrole, selon une source diplomatique.Outre le gel des avoirs d'au moins 11 nouvelles sociétés, l'UE va interdire de visa et geler les avoirs de 12 personnes supplémentaires.Dimanche, la Ligue arabe a elle aussi adopté des sanctions sévères contre la Syrie, les premières de cette ampleur à l'encontre de l'un de ses membres, prévoyant particulier un gel des transactions commerciales avec le gouvernement syrien et de ses comptes bancaires dans les pays arabes."Arrêter les transactions avec la Banque centrale syrienne signifie une déclaration de guerre économique du point de vue du droit international", a réagi M. Mouallem.La Ligue arabe a cependant exhorté lundi le régime à accepter un plan prévoyant l'envoi d'observateurs en Syrie, se disant prête à y apporter de légères modifications, en insistant, comme l'exige Damas, "sur la question de la coordination entre la mission d'observation et les autorités syriennes".La ratification du protocole régissant la mission d'observation permettrait "une révision" des sanctions, a aussi promis le secrétaire général de la Ligue, Nabil al-Arabi, dans un courrier adressé à M. Mouallem.Avant de recourir aux sanctions, la Ligue arabe avait lancé deux ultimatums sommant Damas de cesser les violences et d'accepter l'envoi d'observateurs."Les mesures prises par la Ligue arabe montrent son intention de pousser à l'escalade", a accusé M. Mouallem.Dans le même temps, le ministre syrien a annoncé que dans la nouvelle Constitution en cours d'élaboration, "il n'y (aurait) plus d'article 8", qui donne au parti Baas au pouvoir en Syrie depuis 1963, la prééminence dans la direction du pays.Il a également affirmé que le régime était "sérieux" dans sa volonté d'engager un dialogue national, "le moyen de sortir de la crise", alors que les opposants rejettent désormais toute discussion, réclamant le départ pur et simple du président Assad.Interrogé sur l'utilisation des chars contre le mouvement de protestation, M. Mouallem a rétorqué que les forces de l'ordre n'avait tiré depuis neuf mois aucun obus de char, ni fait usage d'armes lourdes ou de l'aviation, "mais seulement des armes individuelles".Mais, sur le terrain, les forces de l'ordre ont encore tué huit civils lundi à travers le pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).Cinq civils ont péri à Homs (centre), théâtre d'opérations militaires d'envergure depuis plusieurs semaines, et un a péri sous les balles des milices pro-régime plus au nord, dans la région de Hama.Deux personnes ont également perdu la vie à Rankouss, près de Damas, lorsque leurs maisons ont été pilonnées à la mitrailleuse lourde, selon l'OSDH.M. Mouallem a reproché à la Ligue arabe de refuser de reconnaître la présence en Syrie de "groupes terroristes", que Damas tient pour responsables des violences dans le pays.A Paris, ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a estimé que le régime syrien était "totalement isolé aujourd'hui" et que ses jours étaient "comptés", même si les choses avançaient "lentement".Son homologue syrien lui a rétorqué ironiquement: "Qui vivra verra, si Dieu lui prête vie".A Genève, une commission d'enquête de l'ONU, placée sous l'égide du Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, a qualifié les exactions du régime syrien de "crime contre l'humanité", après avoir interrogé 223 victimes et témoins, parmi lesquels des déserteurs ou des personnes ayant vu des enfants torturés à mort.
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