Imprimer
Commentaire
Enviar a un amigo
Gaz de schiste : les connaissances avancent en Ã?le-de-France
17/02/2012 15:19:12
|
|
|
|
Local
Gaz de schiste : les connaissances avancent en Ã?le-de-France
17/02/2012 15:19:12
Voulant en savoir plus sur les hydrocarbures non conventionnels, la Région a fait appel au Comité régional scientifique. Le point avec son président.
Pour quelles raisons le conseil régional vous a-t-il sollicité sur la question des « gaz de schiste » "
Jean-Antoine Girault : Dâ??abord, pour être précis il vaut mieux, dans le cas de lâ??Ã?le-de-France, parler dâ?? « hydrocarbures non conventionnels ou de roches-mères ». Car les sous-sols franciliens contiendraient finalement peu de gaz de schiste, mais bien davantage de pétrole de schiste.
Le conseil régional sâ??est adressé au comité régional scientifique en 2011, à un moment où lâ??exploitation des gaz de schiste soulevait beaucoup dâ??inquiétudes auprès du public, notamment dans le Sud de la France, suite à la concession de droits dâ??exploration à un certain nombre de compagnies. Or, on savait quâ??en Ã?le-de-France des permis dâ??exploration avaient été accordés. Le conseil régional sâ??est ému de cette situation et nous a demandé une opinion technique sur cette question. Depuis, une loi interdisant toute exploration ou exploitation des hydrocarbures non conventionnels par fracturation hydraulique a été votée, ce qui a calmé le débat. Pour autant, il reste intéressant pour la Région de disposer dâ??informations scientifiques sur le sujet, car dâ??autres projets de loi ont été déposés pour diminuer les conditions qui restreignent cette exploration. Et il est aussi possible que dans le futur un mouvement inverse existe.
Quelles parties de lâ??Ã?le-de-France sont-elles concernées "
J-A G : Il est difficile dâ??être exhaustif et ce serait long, car tout le bassin de Paris peut être concerné. La présence de couches dans lesquelles on peut trouver de tels hydrocarbures y est assez générale. Câ??est en tout cas ce quâ??indiquent les connaissances, assez précises, apportées par les géologues. Dâ??ailleurs, et on le sait peu, lâ??Ã?le-de-France est une région déjà productrice de pétrole (de lâ??ordre de 10.000 barils par jour) !
Comment est organisé le comité scientifique pour travailler sur ce sujet "
J-A G : Câ??est une collaboration pluridisciplinaire ; car ce sujet soulève à la fois des questions géologiques, hydrologiques, chimiques, environnementales mais aussi des enjeux liés à lâ??économie des ressources énergétiques.
Le conseil scientifique régional a deux grandes missions : apporter une expertise scientifique à lâ??exécutif et évaluer la dimension scientifique de ses politiques en matière de recherche, dâ??enseignement supérieur et dâ??innovation. Elle réunit 20 scientifiques de haut niveau.
Nous travaillons depuis près dâ??un an dans une démarche globale. Nous avons dâ??abord consulté les personnes compétentes dans ce domaine, en France mais aussi à lâ??étranger. En effet, certains aspects plus techniques sont mal connus dans lâ??Hexagone car on nâ??y fait pas dâ??exploration par fracturation hydraulique, au contraire de lâ??Amérique du Nord, par exemple.
La façon la plus efficace dâ??avoir une vision globale de cette question et de confronter des points de vue discordants était dâ??organiser un séminaire, ce qui a été fait, dans les locaux du conseil régional, le 7 février dernier. Les orateurs étaient des professionnels compétents en la matière, des représentants du Massachusetts Institute of Technology (MIT), des industriels mais aussi des militants opposés à ces exploitations. Tout le monde a joué le jeu du débat alors quâ??il sâ??agit dâ??une question sensible, les échanges étaient apaisés et constructifs. Ainsi avons-nous pu nous concentrer sur la confrontation des faits.
Quelle est maintenant la phase finale de votre travail "
J-A G : Nous entrons dans une phase de rédaction et dâ??échanges avec les experts, après quoi nous proposerons une synthèse à la Région. Notre objectif principal, câ??est dâ??exposer les différents aspects en restant au maximum factuel, de distinguer simplement ce que lâ??on sait sur lâ??exploitation de ces hydrocarbures, de ce que lâ??on ne sait pas Cela nous permettra de donner au conseil régional, plutôt que des conclusions définitives, ce qui n'est pas notre mission, des éléments pour comprendre, des pistes de réflexion.
Photos : vignette © IAU �le-de-France ; ci-dessus, Jean-Antoine Girault © DR
|
|