La Voix de Paris
19/07/2018

Paris

 

Le monde vient à Paris, mais Paris ne s’ouvre pas au monde

11-01-2018
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Paris Paris Le monde vient à Paris, mais Paris ne s’ouvre pas au monde
Les mystères du Grand Paris (5/10). Pour Christian Lefèvre, directeur de l’Institut français d’urbanisme et auteur de « Paris, métropole introuvable » (PUF), Paris n’a jamais vraiment accepté la mondialisation.
Vous constatez que Londres, New York et Paris ont des approches différentes de leur place dans la mondialisation. En quoi Paris se différencie-t-elle de ces deux villes ?
Londres et New York, les deux villes mondiales auxquelles Paris aime se comparer, ont une vision stratégique, une idée précise de leur avenir dans la mondialisation. Les milieux économiques et politiques la partagent. Leurs maires, quelle que soit leur appartenance politique, la défendent. Ces villes y croient. Paris, elle, n’y croit pas. Paris y va en traînant les pieds. Le monde vient à Paris, mais Paris ne s’ouvre pas au monde. La classe politique essaie constamment de se rassurer sur le fait que Paris est toujours dans la compétition, notamment par rapport à Londres, mais fondamentalement elle n’accepte pas la mondialisation. Paris, par sa puissance économique, est une ville globale, mais son élite pense toujours de manière étriquée, dans un cadre national, et trop souvent utilise Paris ou l’île de France comme marchepied dans une carrière politique.
Londres et New York seraient donc plus ouvertes au monde que Paris ?
Bill de Blasio, le maire de New York, ou Sadiq Khan, celui de Londres, font face à des gouvernements qui replient leurs pays sur eux-mêmes. Pourtant, ils sont capables d’entrer en conflit politique avec l’Etat. Et ils sont soutenus. Ainsi, les entreprises new-yorkaises les plus importantes, celles du « Partnership for New York City », ont produit en octobre un rapport disant que l’Etat fédéral devrait favoriser l’immigration, pour faire venir les nouveaux talents dont la ville a besoin. Et régulariser la situation de tous les migrants. A Londres, Sadiq Khan a lancé la campagne #Londonisopen, et défend une ville globale et ouverte. Ce hashtag signifie qu’il n’y a pas besoin d’être Anglais de souche pour être Londonien. Si vous êtes à Londres, vous êtes Londonien. Bill de Blasio et Sadiq Khan font savoir qu’ils reçoivent le monde entier, et que Londres et New York sont le monde entier. En revanche, l’immigration est un tabou à Paris. La ville a pourtant été construite grâce à l’immigration. Mais à Londres on se demande comment favoriser la création d’entreprises issues de l’immigration pakistanaise. A Paris on n’en parle pas.
Pourquoi cette entente entre responsables économiques et politiques est-elle plus difficile à Paris ?
En Ile-de-France, les relations entre le monde politique et les milieux économiques ne sont pas bonnes, teintées de méfiance, voire de défiance. A Londres, Sadiq Khan vient de créer le « Business Advisory Board » avec 16 chefs d’entreprise, dont 10 femmes, qui le conseillent sur la stratégie économique. Le monde économique travaille avec le maire depuis la création de l’autorité du Grand Londres en 2000. A New York, il en est de même. En Ile-de-France, ces deux mondes se parlent peu. Un bon exemple est la création de la métropole du Grand Paris, qui s’est décidée sans réelle discussion avec le monde économique ou la société civile.

Vous constatez que Londres, New York et Paris ont des approches différentes de leur place dans la mondialisation. En quoi Paris se différencie-t-elle de ces deux villes ?
Londres et New York, les deux villes mondiales auxquelles Paris aime se comparer, ont une vision stratégique, une idée précise de leur avenir dans la mondialisation. Les milieux économiques et politiques la partagent. Leurs maires, quelle que soit leur appartenance politique, la défendent. Ces villes y croient. Paris, elle, n’y croit pas. Paris y va en traînant les pieds. Le monde vient à Paris, mais Paris ne s’ouvre pas au monde. La classe politique essaie constamment de se rassurer sur le fait que Paris est toujours dans la compétition, notamment par rapport à Londres, mais fondamentalement elle n’accepte pas la mondialisation. Paris, par sa puissance économique, est une ville globale, mais son élite pense toujours de manière étriquée, dans un cadre national, et trop souvent utilise Paris ou l’île de France comme marchepied dans une carrière politique.
Londres et New York seraient donc plus ouvertes au monde que Paris ?
Bill de Blasio, le maire de New York, ou Sadiq Khan, celui de Londres, font face à des gouvernements qui replient leurs pays sur eux-mêmes. Pourtant, ils sont capables d’entrer en conflit politique avec l’Etat. Et ils sont soutenus. Ainsi, les entreprises new-yorkaises les plus importantes, celles du « Partnership for New York City », ont produit en octobre un rapport disant que l’Etat fédéral devrait favoriser l’immigration, pour faire venir les nouveaux talents dont la ville a besoin. Et régulariser la situation de tous les migrants. A Londres, Sadiq Khan a lancé la campagne #Londonisopen, et défend une ville globale et ouverte. Ce hashtag signifie qu’il n’y a pas besoin d’être Anglais de souche pour être Londonien. Si vous êtes à Londres, vous êtes Londonien. Bill de Blasio et Sadiq Khan font savoir qu’ils reçoivent le monde entier, et que Londres et New York sont le monde entier. En revanche, l’immigration est un tabou à Paris. La ville a pourtant été construite grâce à l’immigration. Mais à Londres on se demande comment favoriser la création d’entreprises issues de l’immigration pakistanaise. A Paris on n’en parle pas.
Pourquoi cette entente entre responsables économiques et politiques est-elle plus difficile à Paris ?
En Ile-de-France, les relations entre le monde politique et les milieux économiques ne sont pas bonnes, teintées de méfiance, voire de défiance. A Londres, Sadiq Khan vient de créer le « Business Advisory Board » avec 16 chefs d’entreprise, dont 10 femmes, qui le conseillent sur la stratégie économique. Le monde économique travaille avec le maire depuis la création de l’autorité du Grand Londres en 2000. A New York, il en est de même. En Ile-de-France, ces deux mondes se parlent peu. Un bon exemple est la création de la métropole du Grand Paris, qui s’est décidée sans réelle discussion avec le monde économique ou la société civile.



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